Coronavirus : en Algérie, les autorités durcissent le confinement pour l’Aïd

Distribution de masques de protection par un volontaire civil dans un quartier d’Alger, le 21 mai. RYAD KRAMDI / AFP « J’ai appelé mes frères et sœurs et je leur ai dit de ne pas venir me voir. Mais j’espère que mon fils pourra quand même...

Coronavirus : en Algérie, les autorités durcissent le confinement pour l’Aïd
Distribution de masques de protection par un volontaire civil dans un quartier d’Alger, le 21 mai.
Distribution de masques de protection par un volontaire civil dans un quartier d’Alger, le 21 mai. RYAD KRAMDI / AFP

« J’ai appelé mes frères et sœurs et je leur ai dit de ne pas venir me voir. Mais j’espère que mon fils pourra quand même traverser la ville avec sa femme pour être là. » Sofia, fonctionnaire, va, pour la première fois de sa vie, fêter l’Aïd, la célébration de fin du mois de ramadan, seule avec son mari et ses enfants. Cette fête, qui a lieu dimanche 24 et lundi 25 mai en Algérie, est traditionnellement un moment où les familles rendent visite à plusieurs de leurs proches. Mais, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19, les autorités ont interdit tous les déplacements de véhicule et durci le couvre-feu, qui s’étendra de 13 heures à 7 heures, spécialement pour ces quarante-huit heures. Dans la capitale, les autorités locales ont explicitement demandé aux habitants d’éviter les « regroupements familiaux » et les « contacts sociaux ».

En Algérie, 575 personnes sont officiellementmortes du Covid-19, dont 19 personnels hospitaliers, selon un dernier bilan établi le 21 mai. Depuis le mois de mars, les écoles, les mosquées et les cafés sont fermés, les trains, les taxis et les transports en commun sont à l’arrêt et un couvre-feu est en place. Par ailleurs, le port d’un masque devient obligatoire dans les espaces publics et les commerces à partir de dimanche.

Si les autorités sont inquiètes de l’impact que pourrait avoir l’Aïd sur l’évolution de la pandémie, c’est parce que pendant le mois de ramadan, le nombre de contaminations s’est accéléré. Certains commerces avaient l’autorisation d’ouvrir à nouveau, mais, le 3 mai, devant les nouveaux bilans, pâtisseries, salons de coiffure, boutiques de vêtements et de tissus ont été sommés de refermer leurs portes. Dans le centre de la capitale, de nombreux commerces limitent le nombre de clients présents simultanément dans les boutiques, et certains refusent de laisser entrer les clients sans masque. D’autres ont tracé un marquage au sol pour maintenir une distance de sécurité. Alger est l’une des régions où le nombre de contaminations quotidiennes est le plus important.

Hospitalisation de la plupart des patients

« Le week-end du 15 mai, plusieurs hôpitaux de la capitale ont constaté une hausse de cas suspects qui se sont présentés, et certains services étaient pleins. Certains patients, dont les cas étaient légers, ont été renvoyés chez eux pour faire de la place », témoigne un médecin spécialiste de l’ouest de la capitale, qui explique également que la reprise de l’activité de certains services, qui étaient jusque-là consacrés au Covid-19, a réduit le nombre de lits disponibles. « Il y a eu une augmentation de cas, mais ce n’est pas la catastrophe dans les hôpitaux », affirme un soignant de l’hôpital Mustapha-Pacha, le plus grand établissement de la ville.

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