Présidentielle en Pologne : le conservateur Andrzej Duda réélu

Publié le : 13/07/2020 - 09:05 Le président conservateur polonais Andrzej Duda a été réélu, lundi, selon les résultats officiels. Après le dépouillement de 99,7 % des bulletins, il devançait légèrement le libéral pro-européen Rafal Trzaskowski avec 51,21 % des votes contre 48,79 %.  Publicité Lire la suite Le chef de l'État sortant, le conservateur Andrzej Duda a été réélu en Pologne, selon les résultats officiels publiés le 13 juillet. Après dépouillement de 99,97 % des bulletins, le candidat sortant avait cumulé 51,21 % des voix au deuxième tour. Andrzej Duda devance de peu le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, candidat libéral et europhile de la Plateforme civique (PO), principale formation de l'opposition, qui a cumulé 48,79 % des voix au second tour. "Il manque 120 000 voix à dépouiller, celle des Polonais de l'étranger, et cela  ne pourra pas renverser la tendance", assure Gulliver Cragg, correspondant de France 24 en Pologne.  La poursuite du programme ultraconservateur du PiS Cette victoire, lors de cette élection au taux de participation très élevé pour la Pologne (67,9%), va permettre au parti Droit et Justice (PiS) de poursuivre la mise en œuvre de son programme conservateur. "Andrzej Duda est fidèle au parti et susceptible de signer toute législation que le PiS mettra sur son bureau", estime Gulliver Cragg.  Au pouvoir depuis 2015, le PiS est dirigé par Jaroslaw Kaczynski, considéré par beaucoup comme le véritable homme fort du pays. Son parti est engagé dans une reprise profonde du système polonais, avec notamment la prise de contrôle du gouvernement sur l'appareil judiciaire et les médias publics. Il est maintenant probable qu'il veuille étendre le contrôle aux médias privés. "Les dirigeants du PiS ne sont visiblement pas satisfaits d'avoir seulement pris le contrôle des médias publics et de les avoir transformés en médias de campagne en faveur d'Andrzej Duda. Ils estiment que les critiques émanant des médias privés, financés en partie par des subsides étrangers, ne sont pas acceptables", précise le journaliste.  Le PiS mène également un combat sur les valeurs morales, avec la défense de la famille traditionnelle. Il a la volonté d'inscrire dans la Constitution l'interdiction pour les personnes de mêmes sexes d'adopter un enfant. Pendant sa campagne, Andrzej Duda a suivi cette ligne dure, attaquant notamment les droits des personnes LGBT et rejetant l'idée d'indemnisations pour les biens juifs volés par les nazis et sous le régime communiste. Ses détracteurs l'accusent de faire reculer les libertés démocratiques acquises il y a trois décennies à la chute du communisme.  "Gueule de bois à Bruxelles" À Bruxelles, l'annonce de cette victoire risque d'être mal accueillie. "Ça doit être la gueule de bois à Bruxelles car il y avait un véritable espoir de changement à Varsovie", commente Bruno Daroux, chroniqueur international à France 24. La Commission européenne espérait voir élu l'europhile Rafal Trzaskowski, aux valeurs tout à fait compatibles. "Les relations risquent de rester tendues entre Bruxelles et l'Union européenne", prédit le chroniqueur.  La Pologne est l'un des pays les plus importants de l'Union européenne, tant en superficie qu'en démographie. "Son rôle politique reste très donc très important. Le fait que le Pologne reste sur une voie de la démocratie autoritaire, à l'instar de la Hongrie reste forcément une mauvaise nouvelle pour Bruxelles", conclue Bruno Daroux.  Avec AFP et Reuters Let's block ads! (Why?)

Présidentielle en Pologne : le conservateur Andrzej Duda réélu
Publié le : 13/07/2020 - 09:05 Le président conservateur polonais Andrzej Duda a été réélu, lundi, selon les résultats officiels. Après le dépouillement de 99,7 % des bulletins, il devançait légèrement le libéral pro-européen Rafal Trzaskowski avec 51,21 % des votes contre 48,79 %.  Publicité Lire la suite Le chef de l'État sortant, le conservateur Andrzej Duda a été réélu en Pologne, selon les résultats officiels publiés le 13 juillet. Après dépouillement de 99,97 % des bulletins, le candidat sortant avait cumulé 51,21 % des voix au deuxième tour. Andrzej Duda devance de peu le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, candidat libéral et europhile de la Plateforme civique (PO), principale formation de l'opposition, qui a cumulé 48,79 % des voix au second tour. "Il manque 120 000 voix à dépouiller, celle des Polonais de l'étranger, et cela  ne pourra pas renverser la tendance", assure Gulliver Cragg, correspondant de France 24 en Pologne.  La poursuite du programme ultraconservateur du PiS Cette victoire, lors de cette élection au taux de participation très élevé pour la Pologne (67,9%), va permettre au parti Droit et Justice (PiS) de poursuivre la mise en œuvre de son programme conservateur. "Andrzej Duda est fidèle au parti et susceptible de signer toute législation que le PiS mettra sur son bureau", estime Gulliver Cragg.  Au pouvoir depuis 2015, le PiS est dirigé par Jaroslaw Kaczynski, considéré par beaucoup comme le véritable homme fort du pays. Son parti est engagé dans une reprise profonde du système polonais, avec notamment la prise de contrôle du gouvernement sur l'appareil judiciaire et les médias publics. Il est maintenant probable qu'il veuille étendre le contrôle aux médias privés. "Les dirigeants du PiS ne sont visiblement pas satisfaits d'avoir seulement pris le contrôle des médias publics et de les avoir transformés en médias de campagne en faveur d'Andrzej Duda. Ils estiment que les critiques émanant des médias privés, financés en partie par des subsides étrangers, ne sont pas acceptables", précise le journaliste.  Le PiS mène également un combat sur les valeurs morales, avec la défense de la famille traditionnelle. Il a la volonté d'inscrire dans la Constitution l'interdiction pour les personnes de mêmes sexes d'adopter un enfant. Pendant sa campagne, Andrzej Duda a suivi cette ligne dure, attaquant notamment les droits des personnes LGBT et rejetant l'idée d'indemnisations pour les biens juifs volés par les nazis et sous le régime communiste. Ses détracteurs l'accusent de faire reculer les libertés démocratiques acquises il y a trois décennies à la chute du communisme.  "Gueule de bois à Bruxelles" À Bruxelles, l'annonce de cette victoire risque d'être mal accueillie. "Ça doit être la gueule de bois à Bruxelles car il y avait un véritable espoir de changement à Varsovie", commente Bruno Daroux, chroniqueur international à France 24. La Commission européenne espérait voir élu l'europhile Rafal Trzaskowski, aux valeurs tout à fait compatibles. "Les relations risquent de rester tendues entre Bruxelles et l'Union européenne", prédit le chroniqueur.  La Pologne est l'un des pays les plus importants de l'Union européenne, tant en superficie qu'en démographie. "Son rôle politique reste très donc très important. Le fait que le Pologne reste sur une voie de la démocratie autoritaire, à l'instar de la Hongrie reste forcément une mauvaise nouvelle pour Bruxelles", conclue Bruno Daroux.  Avec AFP et Reuters Let's block ads! (Why?)